La course au bureau virtuel

Dépassé, l’e-mail ? Avec la montée en puissance des réseaux sociaux qui veulent, à l’image de Facebook, devenir les systèmes d’exploitation du web, on serait tenté de le croire. Pourtant, le courrier électronique continue de rencontrer les suffrages des internautes. Une récente étude de Microsoft pointait ainsi récemment que l’e-mail reste un canal privilégié lorsqu’il s’agit d’envoyer une missive avec un caractère officiel, alors que les réseaux sociaux demeurent des plates-formes réservées avant tout aux loisirs et à la vie privée. De fait, la même enquête relevait que les utilisateurs ont seulement 50% de contacts communs à leur compte de messagerie et à celui sur les réseaux sociaux.

Dans ce contexte, pas étonnant que les grands acteurs du web continuent de se livrer une compétition acharnée pour proposer la meilleure suite d’outils qui permettra de gérer efficacement sa vie quotidienne. Ce qui veut dire partager son calendrier avec ses collègues et proches, organiser le contenu de sa boîte de réception, garder un coup d’œil sur les tâches à accomplir, stocker des documents pour pouvoir les consulter à tout moment…

Sur ce marché, on retrouve tous les géants de l’Internet :

  • Google et Gmail, pièce majeure dans sa suite bureautique Google Apps. Gmail joue aussi un rôle important dans Android, le système d’exploitation que le géant de la recherche veut imposer dans le monde du mobile.
  • Microsoft et Hotmail, qui vient enfin de s’ouvrir aux autres plates-formes sociales comme Facebook ou Twitter. Outlook suit le même mouvement depuis peu.
  • Apple et MobileMe, successeurs de .Mac et iTools. Steve Jobs décrit MobileMe comme Exchange for the rest of us, ce qui fixe clairement l’ambition de la marque à la pomme dans ce domaine.

Mais on rencontre aussi des acteurs de format plus réduit :

  • Zimbra est une suite collaborative rachetée successivement par Yahoo !, puis par VMware au début de cette année. Ce service est commercialisé à la fois en mode open-source et en circuit fermé dans sa déclinaison commerciale.
  • ContactOffice est une société belge active dans le segment du bureau virtuel depuis une dizaine d’années. Notre pays peut être fier de compter une société qui, longtemps avant les autres, a parié sur l’émergence de nouveaux usages nomades avant même qu’on ne parle de haut débit et de réseaux sans fil. Dans sa dernière évolution, ContactOffice offre une interface entièrement en Ajax, quasiment identique à celle d’une application installée traditionnellement sur le disque dur d’un ordinateur.

Sur ce marché extrêmement compétitif, toutes ces entreprises innovent en permanence afin de proposer l’expérience la plus fluide et la plus souple possible aux utilisateurs. Un service à la pointe doit offrir par exemple ActiveSync, protocole conçu par Microsoft en 1996 et qui permet de synchroniser les informations (calendrier, tâches, messages…) entre le mobile et votre ordinateur. Outre Microsoft, Google et Apple ont eux aussi opté pour ce standard. Ils seront bientôt rejoints par ContactOffice.

L’enjeu sous-jacent de cette lutte est immense : être la référence des particuliers et des PME dans le domaine du cloud computing (littéralement l’informatique dans les nuages), ce mouvement de fond qui voit des milliers d’applications se transférer vers de gigantesques centres de données où les logiciels sont désormais disponibles à la demande, comme l’eau ou l’électricité.

Dans ce nouveau paysage, une question reste ouverte : qui sera le maître des données dans les nuages ?