Internet of Things, un sacré capharnaüm.

Ceux qui me suivent sur Pinterest ont remarqué que je collectionne depuis des années des objets connectés (pour la maison, pour la voiture, smartwatches, QuantifySelf…) Ces technologies étaient jusqu’il y a peu réservées à une élite de geeks prêts à consacrer du temps à leur configuration pour très peu de valeur ajoutée (hormis le plaisir ludique d’explorer toutes leurs fonctionnalités). Aujourd’hui, toutes les maisons sont équipées de WiFi, tout le monde a un smartphone, tout peut être rendu plus intelligent. Nous assistons à une popularisation des objets connectés auprès du grand public.

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On trouve donc désormais dans nos foyers de plus en plus d’objets connectés tels que bouilloires, cafetières et théières (bref toute la gamme des appareils électroménagers) programmables via smartphone, gobelets (Vessyl) ou fourchettes analysant votre consommation, balances et bracelets suivant votre activité physique, télévisions et chaînes hifi, brossse à dent, matelas (Luna) et réveils pour suivre votre sommeil, stations météo (netamo), vélos (Cobi), cadenas (bitlock), voitures (par OBDII), valises (Bluesmart) et bien sur toute une gamme de montres… Vous pouvez même connecter vos plantes, vos animaux et vos enfants à Internet!

Rayon domotique, tout ou presque peut désormais être commandé du bout des doigts depuis votre smartphone. Electrabel et Luminus offrent des solutions pour gérer à distance la température de votre intérieur (Smart Thermostat, Nest), Philips propose une gamme d’éclairage connecté (Hue), Belkin et Electrabel des prises connectées permettant de contrôler les appareils électriques de votre maison (Wemo et Smart Plug) ; on trouve des alarmes et des caméras connectées (Dropcam), des systèmes d’air conditionné (Aros), des volets (Jalousier), des portes de garage (garage.io), des serrures (lockitron) et même des sonnettes (Ring) connectables à l’Internet.

Bref, ce ne sont pas les innovations qui manquent pour faire entrer notre vie quotidienne dans l’ère de l’Internet des objets.

Mais une grande guerre se prépare au cours de laquelle beaucoup mourront au combat faute d’être compatibles entre eux. Car après la phase actuelle qui voit de nombreux gadgets hétéroclites utiliser des applications individuelles, arrivera le temps du choix pour le consommateur. Celui-ci devra choisir entre les gadgets connectés compatibles avec Homekit (plateforme connectée d’Apple dont on attend encore les premiers produits) et les objets connectés autour de la plateforme NEST de Google (il y en a déjà une trentaine) voire la plateforme SmartThings, récemment rachetée par Samsung pour 200 misérables millions de dollars. Pour rappel, il est prédit qu’en 2020, 50 à 100 millions d’objets seront connectés à l’Internet des objets – de quoi donner une idée de l’ampleur de ce marché d’avenir.

À moins que ne gagnent les indépendantistes, les pirates de IFTTT opérant via le Cloud ou le cerveau multistandards de NinjaSphere dont le boîtier unique coordonnera tous ces objets connectés incompatibles entre eux. Et n’oublions pas de rappeler ce qui a fait la réussite du web : la standardisation menée de main de fer par le W3C. Il est temps qu’un standard unique émerge.