Ceci n’est pas une crise

Je ne pense pas que notre économie subisse une crise, mais plutôt traverse une phase de mutation digitale. Quels sont les enjeux de cette période de transition? Comment les entreprises et les agences peuvent-elles en faire une source d’opportunités?

Tout comme l’invention de l’imprimerie et l’arrivée de la télévision ont fait évoluer notre société, puis ont été à la source de pans entier de notre économie, la mutation digitale que nous traversons est une révolution. La transmutation de nombreux objets d’atome en bits change les fondements mêmes de l’économie. Ces produits, essentiellement les produits de loisirs : musique, films, jeux, magazine, bande dessinées, sont transmissibles à la vitesse de la lumière. Ils ont donc rendu la distribution physique obsolète, détruit les intermédiaires. Ces biens virtuels sont réplicables à l’infini. A tel point que le sens du mot « partager » est passé de « diviser » à « multiplier ». Bref nous sommes dans « l’économie de l’abondance ».

Dans cette nouvelle économie ou les produits de loisir se multiplient à l’infini et à une vitesse phénoménale tandis que les humains n’ont toujours qu’une dizaine d’heure par jour à consacrer à leur consommation, le prix de ces produits tendra vers zéro. Certes les humains se reproduisent, mais à une vitesse nettement inférieure à la multiplication des films par Bittorrent. Ce ne sera donc plus la rareté des produits qui déterminera leur valeur mais leur pertinence. Concrètement ce qui fera le succès de Spotify ou NetFlix ne sera pas la taille de son catalogue mais sa sélection éditoriale, la pertinence de ses suggestions.

Cette digitalisation a aussi changé profondément la nature des interactions entre les individus et les entreprises, le rapport de pouvoir entre les marques et leurs clients, entre les états et les citoyens. Les particuliers ont un plus grand pouvoir d’influence : ils sont désormais connectés non-stop et ont des moyens efficaces de faire entendre leur voix. La communication des marques autrefois si puissante est désormais noyée dans un océan infini de possibilité de consommation de media hors d’atteinte des messages publicitaire. Pour les organisations, il ne s’agit plus d’imposer produits et services à coup de GRP et d’interruptions, mais de s’intéresser à ce que le marché attend, de concevoir un contenu de marque pertinent, porteur de sens ou d’utilité pour le consommateur afin de le faire venir dans son univers.

Pour survivre les organisations doivent s’adapter aux nouvelles règles du jeu, se remettre en question, offrir une expérience utilisateur cohérente, intégrée et qualitative, y compris sur les plates-formes digitales. Et surtout elles doivent innover. Le mobile, les media sociaux, les objets connectés créent d’innombrables opportunités de création ou d’amélioration de produits, services, outils, solutions, etc. Une transition digitale réussie permet d’améliorer les organisations sur trois points impactant leur bottom-line : elles obtiennent un meilleur « engagement » de leur clients (augmentent leur revenus existants), elles améliorent leur productivité (diminuent leur couts) et génèrent de nouvelles sources de revenus.
Pour cela les entreprises peuvent s’appuyer sur des agences d’un nouveau type, qui aident leur clients à être plus efficaces en leur proposant de nouveaux outils, conçoivent des stratégies marketing intégrées, media neutral, utilisant les canaux les plus pertinents, et suivant le consommateur tout le long de son cycle de vie, … mais surtout qui osent quitter la zone de confort de la communication pour aller s’aventurer sur le terrain périlleux de d’innovation ! Qu’il s’agisse de repousser les limites de l’expérience utilisateur, ou d’accompagner les entreprises dans la création de nouveaux business models, il faut désormais des agences qui teintent de « pure-player » leurs recommandations aux bricks and mortars.

Pour cela les agences doivent développer une nouvelle culture, mixant les compétences techniques nécessaires pour proposer à leurs clients des implémentations state-of-the-art (e-commerce, CMS, Applications, Analytique,…), les compétences créatives indispensables (stratégies, concepts, design & graphisme, …) et la capacité d’appréhender l’activité de leur client comme un de leur directeur, de comprendre les enjeux de leur secteur comme un consultant des big 4, de faire preuve d’intelligence économique et d’inventivité tel un créateur de startup… bref comme Emakina.