Category Archives: Brussels

About Brussels

Ceci n’est pas une crise

Je ne pense pas que notre économie subisse une crise, mais plutôt traverse une phase de mutation digitale. Quels sont les enjeux de cette période de transition? Comment les entreprises et les agences peuvent-elles en faire une source d’opportunités?

Tout comme l’invention de l’imprimerie et l’arrivée de la télévision ont fait évoluer notre société, puis ont été à la source de pans entier de notre économie, la mutation digitale que nous traversons est une révolution. La transmutation de nombreux objets d’atome en bits change les fondements mêmes de l’économie. Ces produits, essentiellement les produits de loisirs : musique, films, jeux, magazine, bande dessinées, sont transmissibles à la vitesse de la lumière. Ils ont donc rendu la distribution physique obsolète, détruit les intermédiaires. Ces biens virtuels sont réplicables à l’infini. A tel point que le sens du mot « partager » est passé de « diviser » à « multiplier ». Bref nous sommes dans « l’économie de l’abondance ».

Dans cette nouvelle économie ou les produits de loisir se multiplient à l’infini et à une vitesse phénoménale tandis que les humains n’ont toujours qu’une dizaine d’heure par jour à consacrer à leur consommation, le prix de ces produits tendra vers zéro. Certes les humains se reproduisent, mais à une vitesse nettement inférieure à la multiplication des films par Bittorrent. Ce ne sera donc plus la rareté des produits qui déterminera leur valeur mais leur pertinence. Concrètement ce qui fera le succès de Spotify ou NetFlix ne sera pas la taille de son catalogue mais sa sélection éditoriale, la pertinence de ses suggestions.

Cette digitalisation a aussi changé profondément la nature des interactions entre les individus et les entreprises, le rapport de pouvoir entre les marques et leurs clients, entre les états et les citoyens. Les particuliers ont un plus grand pouvoir d’influence : ils sont désormais connectés non-stop et ont des moyens efficaces de faire entendre leur voix. La communication des marques autrefois si puissante est désormais noyée dans un océan infini de possibilité de consommation de media hors d’atteinte des messages publicitaire. Pour les organisations, il ne s’agit plus d’imposer produits et services à coup de GRP et d’interruptions, mais de s’intéresser à ce que le marché attend, de concevoir un contenu de marque pertinent, porteur de sens ou d’utilité pour le consommateur afin de le faire venir dans son univers.

Pour survivre les organisations doivent s’adapter aux nouvelles règles du jeu, se remettre en question, offrir une expérience utilisateur cohérente, intégrée et qualitative, y compris sur les plates-formes digitales. Et surtout elles doivent innover. Le mobile, les media sociaux, les objets connectés créent d’innombrables opportunités de création ou d’amélioration de produits, services, outils, solutions, etc. Une transition digitale réussie permet d’améliorer les organisations sur trois points impactant leur bottom-line : elles obtiennent un meilleur « engagement » de leur clients (augmentent leur revenus existants), elles améliorent leur productivité (diminuent leur couts) et génèrent de nouvelles sources de revenus.
Pour cela les entreprises peuvent s’appuyer sur des agences d’un nouveau type, qui aident leur clients à être plus efficaces en leur proposant de nouveaux outils, conçoivent des stratégies marketing intégrées, media neutral, utilisant les canaux les plus pertinents, et suivant le consommateur tout le long de son cycle de vie, … mais surtout qui osent quitter la zone de confort de la communication pour aller s’aventurer sur le terrain périlleux de d’innovation ! Qu’il s’agisse de repousser les limites de l’expérience utilisateur, ou d’accompagner les entreprises dans la création de nouveaux business models, il faut désormais des agences qui teintent de « pure-player » leurs recommandations aux bricks and mortars.

Pour cela les agences doivent développer une nouvelle culture, mixant les compétences techniques nécessaires pour proposer à leurs clients des implémentations state-of-the-art (e-commerce, CMS, Applications, Analytique,…), les compétences créatives indispensables (stratégies, concepts, design & graphisme, …) et la capacité d’appréhender l’activité de leur client comme un de leur directeur, de comprendre les enjeux de leur secteur comme un consultant des big 4, de faire preuve d’intelligence économique et d’inventivité tel un créateur de startup… bref comme Emakina.

Brussels CityScape by Arne Quinze

For the duration of one year, brussels’ quartier louise is enlivened by CITYSCAPE,
an impressive wooden sculpture by belgium artist Arne Quinze.

The 18 meter-high artwork is built on 12 meter-high wooden stilts. Carrying the same ambiguous traits as her earlier siblings, of which UCHRONIA (a giant wooden sculpture, last year built in nevada desert) is the most striking example, CITYSCAPE attracts brussels inhabitants to this outskirts, acting as a magnet.

It’s encouraging us to interact, boosting new energy to a somewhat discarded neighborhood. Floating in the air, it provides a shelter to curious visitors, a place for contemplation and silence.

Arne Quinze:

CITYSCAPE resembles a frozen movement; speed caught in time. It is a powerful means of communication, in many ways. if you look at it from a distance, pure movement seems to keep the volatile structure in the air. Sunrays play
with the wooden beams; a game of light and shade creates ever-changing patterns. its immense size – 40 meter long and 25 meter wide – absorbs you. CITYSCAPE calls for instant reactions, it’s impossible not to feel anything.

Quinze’s CITYSCAPE will be open to public from september 14 onwards.

Mail du jour : Un petit guide pratique des expressions pitoresques en usage dans le plat pays, à l’usage de vos invités étrangers ou de vous-même

  • A POUF: Au hasard. Comme ça, nous, devant un dilemme, on tape à pouf. Là ou d’autres, les malins, se tapent la pouf.
  • A S’NAISE: En toute décontraction. L’expression dénote dans le chef de celui qui l’utilise, une pointe d’admiration pour l’imperméabilité au stress de celui dont il parle.
  • AUTO-SCOOTER: Tellement ancré dans les belgicismes qu’on se demande quel est le mot labellisé. Autotamponneuse? On s’en tamponne !
  • BOMME : poutre de gymnastique dont le nom provient très probablement du bruit que fait l’élève quand il le percute de plein fouet.
  • BéKES : Exclamation de dégout. Plus un truc donne envie de rendre (remettre, vomir, gerber ) plus l’accent grave est marqué ( bèèèèèkes). C’est donc qu’il y a quelque chose de vraiment dégeu en vue.
  • A-FOND: “Cul sec” plutôt avec une chope et entre étudiants.
  • (S’)ABAISSER: Se pencher ” hé chou, fais un peu attention, quand tu t’abaisses , on voit ton début.”
  • ALLEZ !: Mot multi-fonctionnel “allez hein, te laisse pas aller” ou alors “mais allez, qui a fait ça ?” ou enfin: “allez, pourquoi tu dis ça menant?”
  • BACK: terme d’origine anglo-saxonne, attaché aux crampons dans certains cercles footballistiques foncièrement belgicains. “alors jef au keep, staf au back droit, jos au libéro, ronnie dernier homme et patchke au back gauche.” Généralement, le back droit est court sur pattes, plutôt baraqué, très modérement technicien et tacticien limpide: “dégage , men, dégage !” Plus on descend dans les divisions, plus il est barbu, plus sa vareuse est étriquée, plus son haleine sait pourquoi les hommes savent pourquoi et plus ses adversaires ont des protège-tibias costauds.
  • BAS-COLLANTS: “Chou ce soir , il y a bal. Enlève ton cache-poussière et mets tes bas-collants, que tu me fasses pas sentir gêné comme la dernière fois”
  • BOILER: Le belge est fils d’une fracture, historique, culturelle, linguistique. Il vit sur une faille tectonique, qu’il a nommé la frontière linguistique où se frottent les continents germains et latins. De temps à autre, ça chauffe, ça pète à Leuven, à Fourons, Bruxelles, Hal ou Vilvoorde. Mais les plombiers se moquent de la tectonique. De Poperinge à Huy-Waremme, ils ne parlent pas de chauffe-eau mais de boiler. Et même si cet anglicisme barbare est devenu un “boualère” à Flémalle, un “boualééééééér” à Lietch et un “boïleur” à Ixelles, l’important dans ce pays, n’est t’il pas qu’on continue à se comprendre ?
  • BERME: terre-plein central. En Belgique, la berme désigne l’espace qui sépare les 2 chaussées d’une autoroute. En France, la berme est un sentier étroit aménagé entre le pied d’un rempart et un fossé ou encore entre une levée et un canal. Ce mot serait issu du haut allemand “brem” lui-même emprunté , croit-on, à l’ancien norrois “barmr” ( bord).
  • CARROUSEL: le truc qui tourne avec dedans des voitures de pompiers avec dedans des enfants. Le plus célèbre carrousel est fouronnais, avec dedans Jean-Marie Happart , une fois bourgmestre, une fois pas bourgmestre, une fois bourgmestre, une fois pas bourgmestre.
  • CERVELAS: agglomérat de viandes incertaines compressées façon zeppelin indissociable de “dikke” et de “tralala”. Le cervelas doit être avalé sans intelligence.
  • CLIGNOTEUR: lumière qui lume puis qui lume plus. Les français parlent de “clignotant”.
  • DOUF: Avec leur bla-bla savant, les métérologues font des chichis inutiles. En Belgique et pour les belges, il fait soit “caillant” soit “bon” soit “beau”. C’est on ne peut plus simple. Et si le mercure dépasse les bornes(saisonnières ) , alors chez nous , il fait “DOUF” = chaud , lourd. “Chérie, il fait douf ici, ouvre-moi un peu la fenêtre et pendant que tu es debout, prends-moi encore une duvel dans le frigo”.
  • DOUFFE: cuite. “Mon vieux , je me suis pris une de ces douffes, pourtant, j’avais pas bu grand’chose, juste une petite douzaine de duvel”
  • ESSUIE DE VAISSELLE: linge de maison servant à sécher couverts, verres et casseroles après qu’on les a lavés et bien rincés. L’utiliser aussi comme essuie-mains, c’est dégueulasse.
  • FREQUENTER: Avant les meufs, au temps de Mlle Beulemans, on ne flirtait pas, on ne draguait pas, on sortait pas avec, on ne se les tapait pas. La descendance de Bossemans et Coppenole fréquentait tout comme nos parents à l’expo 58. Mais fréquentait qui ? demanderait les parisiens en bas de ça. Ouille que nous n’aimons pas ces garçons ! Qu’ils sachent que dans son emploi absolu, “fréquenter” signifie les rapports disons?..amoureux avant les fiançailles. Comme chacun sait, après, on ne fréquente plus, on “courtise”.
  • FRISKO: C’est bien simple, on ne connaît pas le mot en français. Un frisko, c’est un frisko. On remercie Artic qui l’a inventé ainsi que les noisella ( frisko avec noisettes) et le cornetto ( à la fraise).
  • FROTTER: récurer, mais aussi danser un slow ou gueuler sur quelqu’un qui a fait des bêtises. “Je lui ai frotté les oreilles”. Aussi, l’un des mots préférés de notre Rodrigo national quand cela se joue au sprint: ” Ohlala, ça frotte dans tout le peloton et Boonen qui est enfermé ! ” Bien insisté sur les “R”, pour le dire comme à la télé.
  • FROTTEUR: petite brosse pour tableau noir. N’efface pas parfaitement la craie ( l’éponge est là pour cela). Provoque un bruit formidable quand lancé du dernier banc, il percute le tableau sur sa face non feutrée. Les anciennes versions en bois sont beaucoup plus maniables et font encore plus de bruit.
  • FROUCHELER: roucouler, flirtouiller, se faire des papouilles.
  • GRIFFE: “- Maman, j’ai mal ma joue, – c’est malin ça, t’as une grande griffe” Des voyous peuvent aussi faire des griffes à votre voiture ! Attention !
  • LOGOPEDE: Orthophoniste. Curieusement, le français admet ” logopédie” mais snobe les “logopédes” dont l’étymologie n’est pourtant pas moins imparable.
  • NON PEUT-ETRE: oui surement. Et pour dire non ,il faut dire oui, peut-être.Seuls les belges s’y retrouvent.
  • OUILLE-OUILLE: Si ça fait mal, c’est ouille. Dit deux fois, ça n’exprime plus la douleur mais l’étonnement, la lassitude ou l’impossibilité. “Ouille-ouille, qu’est ce que tu me demandes là ? Dans certains cas, c’est plus menaçant: ” Ouille-ouille, qu’est ce que tu vas prendre ! ” Souvent utilisé pour exprimer de la surprise par rapport au récit d’un interlocuteur : “Ouille-ouille, toi ! “
  • JOURNEE (bonne): Tout est question d’intonation.” Au revoir, Monsieur, Au revoir Madame et une bonne journéééée”. A dire avec un cul de poule et un air de faux-cul
  • MANIQUE: Le Mari:” Ouille, je m’ai brulé à la casserole de carbonnades”. Sa femme:” M’enfin chou, je t’avais dit de prendre les maniques”.
  • MANCHE (à balle): Cire-pompes, lèche-cul, frotte-manche, fayot, souvent premier de classe quand même, le salopard !
  • PAF (être). Ou rester PAF. “A quia, bouché bée, les bras ballants, scié.Ne pas confondre avec le colonel Paf. Redoutable défi mêlant gymnastique et performance alcoolisée.
  • PANADE: voir “Pape” Par ailleurs être dans la panade, c’est être dans le gaz ou dans la mélasse
  • PAPE: Prononcez “Pap” Les bébés belges adooooorent. Les pépés aussi. Vachement plus parlant que bouillie. La pape s’écoule des commissures puis s’échoue généralement un peu sur la bavette mais aussi partout autour.
  • PAR APRES: “Après” avec “par” devant. “D’abord, il a dit oui, par après, il a dit non” Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. N’existe pas en version “Par avant”.
  • PLACE ( avoir une bonne) : Avoir un emploi sûr et rémunérateur. Le rêve des parents belges pour leur descendance. Pour beaucoup, cet idéal reste encore quelque part sous le parapluie de l’état, dans le costume 3 pièces d’un fonctionnaire chef (adjoint) de service.
  • PLACE ( voir la) Voir la différence. La ménagère: “j’ai nettoyé la cuisine”. Son mari: “Oui, on voit la place”
  • PLOTCH: de beurre. Mais une grosse, hein, et bien au sommet de la purée.
  • FEU OUVERT: L’âtre de la cheminée ! Un feu ouvert, c’est un peu comme une cassette mais avec l’image en vrai.
  • CLOCHE: Insulte désignant une empoté, gaffeur, nigaud.
  • CLOCHE: Pour cloque ou ampoule. “Papa, c’est encore loin, parce qu’avec mes cloches, j’ai mal mes pieds”.
  • METTRE ( dans son dos) : nos voisins du sud pourraient y voir une connotation sexuelle voire sodomique et bien tout faux ! Chez nous, on le dit quand on s’habille et pas l’inverse.
  • QUETTER: Là par contre, c’est nous les cochons ! Rien à voir avec une quête, qui quette ne s’abstient donc pas.
  • EXEMPLATIF: Mais pourquoi diable, les belges s’escriment-t-ils à user de vocables inusités dans l’hexagone? Mais parce que chez ces snotneus, ces biesses, ils n’y a ni drèves, ni soquets, ni couques, ni lichettes, ni bermes centrales ! Et on ne dit pas ça en guise d’exemple ou de manière exemplaire mais à titre exemplatif.

Jérôme Colin lance Vox en Podcast

Sur PureFM Jérôme Colin animait l’émission qui précède la mienne, Single chaque vendredi à 19h. Depuis quelque mois il n’officie plus sur PureFM et se consacre à un nouveau projet : Vox. Vox, c’est un podcast hebdomadaire d’une heure, un magazine musical dont Jérôme a le secret. Vous pouvez l’écouter comme tout podcast ou simplement en streaming sur le site Vox. Jérôme est excité comme une puce, il a cette curieuse impression de redécouvrir l’époque des vraies radios libres. Allez-y, écoutez.